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Prénom florent
Age 27
But du voyage Tourisme
Date de départ 19/07/2008
Nom peccatte
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Durée du séjour 7 mois
Nationalité France
Description
les andes à vélo
Note: 4,6/5 - 82 vote(s).


ascension du Licancabur

 11-10-2008 -  Bolivie

 

 Après une bonne grasse matinée (8h du mat', tout est relatif), on prépare les sacs à dos pour partir deux jours en rando. Arriver à faire tenir  les sacs de couchage, les tapisede sol, la tente, l'eau, la bouffe, le réchaud et les affaires chaudes sur deux petits sacs à dos, c'est toujours tout un poème. Mais, à midi, on est partis! Première journée assez plate, on monte vers les "ruines incas", des murs en pierre, je ne sais pas s'il sont incas mais c'est bien pratique pour camper à l'abri du vent. On longe la laguna blanca, puis la laguna verde, et on y fait une rencontre insolite: un couple de chiliens à bord d'une belle toyota plus faite pour rouler en ville que dans le sable... ils nous prennent en stop et nous avancent d'un km, ils ont une carte mais sont déjà dans la mauvaise direction pour leur projet de la journée, aller à la Laguna Colorada et en revenir avant la fin de l'après-midi (200 km aller-retour).  Visiblement ils ont pas calculé que la Bolivie, c'est pas le Chili, c'est pas goudronné. Ils n'ont pas de pelle dans le coffre, dommage, ils en auront sûrement besoin. Ces derniers temps, on nous prenait pour des débiles à être dans le sable à pousser nos vélos, mais pour une fois, ce sera plutôt l'inverse!

Le Licancabur (5950 mètres), comme tous les volcans, par ici, est un immonde tas de cailloux instables dans une pente bien raide, et généralement balayée par le vent, pas vraiment la rando plaisante. Alors pourquoi monter là-haut? D'abord, parce qu'on peut le faire, ensuite, parce que la vue est paraît-il imprenable de là-haut. Départ à 4h du matin, pas trop tôt pour pas avoir trop froid. Le premier hic, c'est que je n'ai pas de chaussures de rando, juste mes chaussures de VTT (hmmm... monter avec la cale sous les chaussures sur des pierres, un plaisir...), et bien que j'ai enveloppé mes petits pieds de sac plastique, et que je remue en permanence les doigts de pieds,  mes pieds se refroidissent jusqu'à s'engourdir complètement. Une pause pour les réchauffer entre mes mains, la chaussure sous mon maillot contre la peau pour la garder pas trop froide retardent le moment où je sens que je vais devoir redescendre. Puis c'est la délivrance, le lever du soleil, l'atmosphère se réchauffe, sans vent. Second hic, le padre commence à avoir du mal à trouver son souffle dans cette pente bien raide. Au point que peu avant le sommet, il s'arrête pour de bon et me dit: "Florent, récupère moi à la descente, moi je vais pas plus haut". Je repars donc en pensant: "yes! enfin j'ai eu sa peau!" et j'arrive en haut peu après. D'en haut, on voit tous les volcans qui font la frontière entre le Chili, la Bolivie et l'Argentine, c'est magnifique. On aperçoit notre route de ces deux derniers jours et les deux lagunes d'où on vient. De l'autre côté, loin tout en bas, le déseert d'Atacama se perd dans la brume. Juste en dessous, le cratère du volcan, occupé par un petit lac gelé. Mais ma contemplation est interrompue par des bruits de pas: le padre, finalement, s'est arraché pour arriver en haut, en répétant exactement les même mots que 4 mois avant au sommet du Mont Blanc: "PLUS JAMAIS JE FERAI UN TRUC COMME CA C'EST TROP DUR" (à mon avis il répètera encore la même phrase dans 10 ans)

Puis la descente dans les cailloux abrasifs, j'ai peur de me retrouver en chaussettes en bas avec mes chaussures de vtt toutes légères. Mais en réalité, ces chaussures, c'est du solide. La semelle tient, les coutures tiennent, la cale ne s'use pas dans les cailloux. J'ai déjà connu des chaussures de rando qui ont lâché pour moins que ça (des Salomon pour ne pas les nommer...) . Retour au refuge de la Laguna Blanca, demain on retrouve la civilisation à San Pedro de Atacama...

 


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Lagunas et desert du Lipiez

 10-10-2008 -  Bolivie

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Photos du salar d'Uyuni et Lagunas

 10-10-2008 -  Bolivie

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1er octobre (après-midi): Uyuni - Colchani - Salar, 35 km

2 octobre: Salar - Isla Incahuasi - hôtel de sel, 103 km

3 octobre. Hostal de Sal - San Juan, 45 km

4 octobre: San Juan - Salar de Chiguana - camino internacional, 65 km

5 octobre: camino internacional - paso Toun Toun - LagunasCañapa et Hedionda, 39 km

6 octobre: Hôtel Laguna Hedionda -  Désert de Silori, 45 km

7 octobre: Désert de Silori - Arbol de Piedra - Laguna Colorada, 37 km

8 octobre: Laguna Colorada - Geysers Sol de Mañana, 40 km

9 octobre. Geysers - Salar de Chalviri - Piedras de Dali - Laguna Blanca , 64 km

10-11 octobre. Ascension du Licancabur (rando)

12 octobre: Hostal Laguna Blanca - San Pedro de Atacama, 55 km

 

Le premier Octobre, je partais donc avec mon père Jean Luc pour 10 jours de traversée jusqu'à San Pedro de Atacama, la partie la plus aventureuse de mon voyage d'après les infos que j'avais récupérées:

-Pas vraiment moyen de trouver de la nourriture en chemin, j'avais donc envoyé par 4x4 deux sacs de nourriture à l'hôtel planté dans le désert au bord de la Laguna Blanca, et deux autres sacs de nourriture à la Laguna Colorada, en espérant les retrouver là-bas sans encombre. Du coup, le menu était: spaghettis sauce soupe (pour ne pas à jetr l'eau) matin, midi et soir, agrémenté de purée mousseline et de gâteau de semoule bien compacts. Le padre, en fin gourmet, a beaucoup apprécié!

-Quelques points d'eau, mais sans certitudes. J'avais donc rempli mes sacoches de bouteilles d'eau, suffisamment pour tenir trois jours ou plus en autonomie.

-Des pistes à droite à gauche sans panneaux, et des cartes inexistantes, mais j'avais la précieuse carte élaborée à la main (et des indications précises en accompagnement) d'un autre groupe de cyclistes que je remercie chaleureusement (http://velharmonie.apinc.org/news.php?page=5&total=48), ils ont effectué la traversée il y a un peu plus d'un an, dans l'autre sens.

-Une piste bien sableuse, pas toujours pédalable,  mais nous n'avions a priori rien contre la marche à pied et nous avions tout notre temps, on est en vacances

-L'altitude (en gros entre 4000 et 5000 mètres d'altitude), et le vent et le froid qui vont avec, et ça c'est vrai qu'on peut pas y faire grand chose.

Après, c'est vrai qu'on est dans le désert, mais on n'est pas tout seuls non plus. Chaque jours, on se faisait doubler par une horde de 4x4, qui faisaient la même route que nous, généralement ils déboulaient tous à la même heure.

Je ne me faisais donc pas de soucis pour ces différents problèmes, il me restait donc deux sources d'inquiétude: 1) est-ce que le vélo chargé au-delà du raisonnable allait tenir le coup?  et 2) est-ce que le padre, novice en la matière, allait tenir le coup? commencer le vélo en traversant le Lipez, c'est un peu comme faire boire l'alcool bolivien à 96 degrés à un type qui n'a jamais bu de sa vie.

Les deux premiers jours se sont admirablement bien passés, sans le vent d'Ouest qu'on craignait. Faire du vélo sur le Salar, au moins en sa partie centrale, c'est un peu comme pédaler sur un parking de supermarché mais en plus grand. Ca roule partout, on peut passer où on veut, tant qu'on garde en point de mire l'Isle d'Incahuasi qui est au centre du Salar. C'est une île rocailleuse peuplée de cactus (et de 4X4 entre 11h et 12h),  perdue au milieu de l'immensité blanche. Pour nous, c'est un peu comme un rond point, après s'y être arrêtés le midi, on tourne à gauche à 90 degrés. et désormais, c'est direction plein Sud jusqu'au Chili.

Le premier soir, on pose la tente sur le Salar, sans la planter, car enfoncer des sardines dans le sel est simplement impossible. Il faut donc trouver des moyens alternatifs et espérer que le vent ne souffle pas trop fort dans la nuit. Le second soir, le problème ne se pose pas, on s'arrête en bord de Salar dans un hostal construit avec des briques de sel. Le sol de la chambre, c'est du sel en poudre: original, et extrêmement isolant. Une nuit au chaud et à l'abri, ca fait du bien.

Le troisième jour, ça se complique. La piste de sel laisse place au sable, et aux premiers poussages de vélo je me dis qu'on a sans doute mangé notre pain blanc (mais pourquoi quand je fais ce genre de jeux de mots je me mets à penser à Christopher?) Et puis en milieu de matinée le vent se met à souffler, jusqu'à se transformer en tempête de sable (pleine face évidemment) qui fouette le visage. On se retrouve embourbés à 2 km/h sur une piste impratiquable, même pousser le vélo devient compliqué. Je relis mes topos: "piste bonne", et je me dis que si ça c'est une piste bonne, le reste doit ressembler au parcours du combattant. Je commence à maudire les auteurs du topo et à songer aux propos d'un touriste français croisé sur le Salar ("aller à San Pedro à vélo? non, je dis pas que c'est con, je dis juste que je n'y aurais pas pensé tout seul"). Mais à 1h de l'après-midi, on arrive près de San Juan en découvrant qu'on a pris une fausse piste: la bonne piste, roulable, était 500 mètres plus à gauche... Malgré cette découverte, le moral reste en baisse. On s'arrête dans la petite bourgade de San Juan, où il y a quelques petits logements, et une petite épicerie qui permet d'acheter oeufs, boissons sucrées et biscuits.  Pour ma part je me dis qu'on n'arrivera jamais au bout, trop dur, le padre trop essoufflé et fatigué, et les pistes secouent trop le vélo. Pour moi désormais, l'intrigue est la suivante: qu'est-ce qui va craquer en premier, du padre ou de la bicyclette? Le padre gémit, plie mais ne rompt pas forcément. Le vélo, lui, peut péter d'un coup sans prévenir...

Pour contrer le vent, décision est prise: il faut se lever de nuit, partir au lever du jour, tant pis pour le froid, et faire le maximum de kilomètres avant que le vent ne se lève. A 6h30, on était donc déjà en route. Le soleil chauffe vite dans ces régions, et les heures les plus agréables étaient géneralement entre 8 et 10 h du matin. Ensuite, avec le vent, ca se refroidit. A partir de midi, en géneral, on baissait de vitesse, l'épuisement paternel allant en s'accentuant.

Troisième, quatrième jour: on ne peut que constater qu'on pousse beaucoup, beaucoup le vélo, par rapport à ce qui est décrit sur nos topos. Peut-être parce qu'on est à la fin de la saison sèche, et que le sable s'est accumulé sous les roues des 4X4 pendant la saison touristique? Toujours est-il que nos prédecesseurs semblent avoir eu plus froid que nous (en juillet en hiver ici) mais avoir eu moins de difficultés à rouler. Le padre s'asphyxie régulièrement et doit s'arrêter pour tousser, et j'ai peur qu'on ne doive s'arrêter pour de bon. J'admire sa ténacité, j'ai parfois l'impression qu'à sa place je jetterais l'éponge (mais pour la jeter où?).

Sur le salar de Chiguana, on passe près d'un camp militaire planté vraiment au milieu de nulle part, pour contrôler les lamas?, puis on grimpe notre premier col (dans le sable). Après un petit slalom entre les volcans, on arrive à la première lagune, qui nous console de tous nos efforts: des bandes entières de flamands roses, avec les volcans tout autour ça fait de jolies photos. Et une question: quand le lac gèle la nuit, où vont les flamands roses?  On arrive en poussant le vélo en début d'après midi à l'hôtel de la laguna Hedionda (re-flamands roses) où, ouf, je retrouve mon ravito de bouffe. Avec le vent force 4, on s'arrêterait bien là plutôt que d'aller planter la tente dans la tempête. Mais le gérant nous demande 35 dollars chacun. Alors on repart? Finalement le gérant nous fait la chambre à 10 euros pour deux. Ah c'est mieux... En fait, les quelques hôtels disséminés dans le désert appartiennent à des agences, et les gérants sont des salariés qui ne voient jamais l'argent des touristes, qui paient tout à Uyuni. Alors quand ils nous voient, nous, touristes en dehors du circuit traditionnel, on représente une aubaine de se faire un peu d'argent au black. Du coup, il n'y a pas vraiment de prix, il faut négocier.

Ceraines journées sont vraiment trop monotones pour être plaisantes, ainsi de la 5e journée, qui se résume à une immense montée en faux-plat sableux jusqu'au désert de Silori. On a l'impression que le décor ne bouge pas d'un pouce... Ce même jour, on accumule les problèmes. Les valves de mes chambres à air sont cassées, je ne peux donc plus regonfler mes pneus, et je n'ai en secours que des chambres à air aux mauvaises dimensions. Quant à mon père, ses sacoches se sont un peu disloquées sous l'effet des secousses, ete elles tiennent désormais grâce à des bouts de ficelle. L'impression qu'on va se retrouver en slip sur une roue à San Pedro...

Sixième jour, on découvre les pierres aux formes bizarres plantées dans le désert de Silori (Arbol de Piedra) puis on descend à la Laguna Colorada, une lagune aux couleurs rougeâtres assez originales. Par ici, les lacs sont comme les montagnes, multicolores. J'y retrouve mon deuxième ravito de bouffe après quelques recherches assez stressantes. Il aura fallu que je demande 3 fois à la même personne, à 10 minutes d'intervalle, avant qu'elle ne se souvienne qu'effectivement on lui a laissé deux sacs de bouffe pour cyclistes. Avant, elle ne répondait que "no" à mes questions, même lorsque mes questions impliquaient une réponse différente de "Si" ou "No". Ca arrive parfois, et dans ces cas là, la traduction du "no" n'est pas exactement "non" comme on pourrait le penser, mais plutôt "casse toi"... Bref... La laguna Colorada est pour nous une délivrance, car les pistes s'améliorent nettement par la suite, les poussages deviennent  plus rares, et lorsqu'on grimpe sur le vélo, c'est pour faire... du vélo et non pour tenter de maintenir un équilibre précaire et de préserver le peu de peau qui reste sur les fesses à 5 km/h au milieu des secousses. Bref, on retrouve le plaisir du vélo, le vrai. encore faut-il passer ce col, à plus de 5000 mètres d'altitude, avant de redescendre légèrement sur les Geysers Sol de Mañana, de grandes marmites de boues multicolores bouillonnantes et laissant échapper en chuintant des filets de vapeur, puis avant de plonger vers le salar de Chalviri et sa lagune (et ses flamands roses vous l'aurez compris) et... sa source d'eau chaude ammémagée en grande baignoire, plus qu'un plaisir, une nécessité lorsqu'on est recouverts de plusieurs jours de poussière! Le plaisir d'être en maillot de bain, au chaud, à 4500 mètres d'altitude... Le dernier col avant la Laguna Blanca s'effectue à nouveau dans la tempête, et plutôt que de planter la tente dans ces conditions, on roule bien tard jusqu'à la Laguna Blanca et son hôtel-dortoir. Le padre reste collé à ma roue dans le vent, il pourrait faire un bon coureur UFOLEP...  Laguna Blanca, soulagement. non-seulement l'accueil est chaleureux, mais en plus cela signifie pour nous la fin des difficultés. Il n'y a plus que 7 km de piste pour rejoindre la frontière, puis 40 km de route biem bitumée en descente qui permet de plonger sur San Pedro de Atacama, plus de 2000 mètres plus bas. Ouf, on a réussi, le padre a tenu avec son courage, le vélo a résisté aussi.

On décide de prendre deux jours pour grimper le Licancabur (5900 mètres) au-dessus de la Laguna Verde aux jolies eaux turquoise avant de descendre sur le Chili...

 

Bilan de cette traversée: on aura eu le plaisir d'être dans la peau de stars, car les 4x4 s'arrêtaient souvent à notre hauteur pour nous prendre en photo comme si on faisait partie du pittoresque local. J'aurai jamais autant été pris en photo! Ca renforce l'impression qu'on a lorsqu'on voyage en vélo de fusionner avec le paysage, d'en faire partie.

Le voyage en 4X4 a ses contraintes, notamment celles du temps. Ainsi, en se baignant à la source d'eau chaude, un touriste allemand entendait le décompte du temps qui lui était imparti pour sa baignade, un quart d'heure. "plus que dix minutes... plus que 5 minutes..." avant que le 4X4 ne reparte tambour battant. Et puis, ils arrivaient tous à la même heure, donc n'étaient jamais vraiment seuls à savourer le désert. Mais nous avons nous aussi eu nos contraintes, celles du temps, car quand on se met à faire 2 kilomètres en 1h, on se dit que dans un mois on ne sera toujours pas à San Pedro, et il est donc difficile de s'arrêter réellement longtemps où on le voudrait. Et puis tous les beaux couchers de soleils, on ne les a pas vraiment vus, ou alors depuis le fond de son duvet dans la tente, car il faisait trop froid pour avoir le courage de sortir. Conditions trop difficiles pour savourer à 100 pour 100 le décor...

Par rapport à ce que j'ai vécu jusque là, je dirais que le plaisir d'être (en harmonie avec ces magnifiques paysages) et de voir a été mis un peu en veilleuse par le côté galère que ça a représenté, l'angoisse de l'échec. Reste le plaisir de faire, la satisfaction d'avoir réussi un truc bien dur, et la fierté vis-à-vis du padre qui aura fait ça à 54 ans, traverser le Lipez, monter à 5000 mètres d'altitude en vélo, affronter le vent, pousser dans le sable, alors qu'il n'a jamais vraiment fait de vélo avant, sauf avant de partir pour s'entraîner. Et maintenant, je sais qu'avec un vélo, on peut aller à peu près partout!

(les photos c'est pour bientôt)


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Potosi - Uyuni

 30-09-2008 -  Bolivie

26-27-28 septembre 2008, 210 km

 

En partant de Potosi, je retrouve mes chères pistes, la poussière, le vent de face. Mais surtout pour la première fois depuis le début du voyage, je ressens le parfum d'aventure, car c'est le début du Lipez, le désert sud-bolivien fascinant. La piste, tr`s raide, devient sableuse, les dunes côtoient les cañons rougeoyants et les montagnes multicolores. Le sable en vélo c'est sympa: beaucoup plus doux que les cailloux et la poussière (mes fesses sont d'accord). Par contre, il faut franchir un seuil psychologique, accepter de ne rouler qu'à 10 km/h et poser régulièrment pied à terre pour cause de perte de contrôle. D'ailleurs si quelqu'un sait comment se prend un virage en épingle à cheveux dans le sable, qu'il me fasse signe. Et puis, il y a les camions dont la mission essentielle semble de vous retapisser les bronches de poussière et de rester au milieu de la piste pour que vous soyiez obligés de poser pied à terre, par peur de déraper dans le sable juste sous les roues du camion. 90 km la première journée et un spot camping de rêve en milieu d'après-midi, caché dans les méandres de formation toutes rondes, entre sable et cailloux, à l'abri du vent, non loin de la piste.

Le deuxième jour, paysage toujours aussi beau et désertique, mais le travail du cycliste est rendu moins agréable par la présence de travaux sur la piste, en gros 500 mètres tous les 500 mètres. Poussière soulevée par les machines, et piste qui présente diverses épreuves: déviation au milieu de nulle part, piste labourée impraticable (premiers longs poussages de vélo), piste inondée d'eau qui m'oblige à récurer les gardes boue toutes les dix minutes. Apparemment ils y bossent depuis un certain temps et en ont encore pour 3 ans de travaux, pour asphalter toute lapiste Uyuni - Potosi. Pour l'instant, ça ne ressemble vraiment à rien. Y'a pas un mètre de goudronné, et les travauz d'aplanissements semblesnt détruits au fur et à mesur par le passage des camions. Dans ces travaux, le rôle des femmes consiste à brandir un panneau "vous pouvez y aller",  parfois à deux pour un panneau, parfois en bord de piste là où il n'y a pas de travaux, et de toutes façons vu la densité et la vitesse du trafic, ça semble un peu dérisoire. Accomplir une mission aussi inutile pendant 3 ans, à dormir toute la semaine dans des baraquements, ça doit être sympa. En tous cas, sage gestion des ressources humaines.

  Et puis, vers 11h, la fausse indication de l'autochtone: "oui, il y a un village plus loin avec une boutique. A vélo tu en as pour une heure" Donc, je ne prends pas d'eau, j'en prendrai plus loin (pas prudent ça). Résultat: trois heures de vélo plus tard (l'autochtone a une vision assez poétique du vélo, pour lui c'est un moyen de transport alternatif qui va aussi vite qu'une voiture et d'ailleurs je devrais faire Potosi-Uyuni en une journée selon certains), en fait de village, trois maisons de berger désertées et une boutique, LA boutique, mais fermée. Les bouteilles d'eau et de coca sont là juste de l'autre côté de la vitre, mais insaisisssables. Du coup, plus assez d'eau pour cuisiner le soir, et de toutes façons avec le soleil et le vent je consomme à bloc et je suis vraiment en manque d'eau. Je demande aux travailleurs de la route s'ils peuvent pas me filer un litre d'eau mais bizarrement personne n'a d'eau. Je récolte un litre d'eau dans une petite lagune, mais l'eau a une couleur et un goût douteux. Il faudrait une passoire pour faire un premier filtrage acceptable! Bref, je me la réserve en cas d'extrême secours. Pas le choix, je dois continuer à rouler, jusqu'au prochain village à 30 km de là, en y allant à l'économie sur mon dernier demi-litre de flotte. Résultat, je me retrouve à rouler jusqu'à la nuit, 100 km, plus de 9h30 de selle. Mais à nouveau un camping à 4200 mètres d'altitude qui me récompense de mes efforts: je me suis posé sur un sommet, le dernier avant la grande descente qui mène au Salar d'Uyuni, en plein vent ( monter une tente tout seul dans 50 km h de vent c'est pas génial) mais j'ai une vue sur le Sud du Salar, avec ses îles qui émergent au loin dans le coucher de soleil. Voilà, je vois partiellement ce qui m'attend ces 10 prochains jours...

Le troisième jour, 20 km de descente et j'arrive recouvert de trois jours de poussière à Uyuni, je me prends un petit déj en terrasse au milieu des touristes proprets, l'impression d'être un extra-terrestre, heureusement je recroise des touristes rencontrés à La Paz, je peux réintégrer la communauté internationale.

 

Voilà, ces trois jours auront été un bon échauffement pour la traversée du Lipez par la "route des lagunes", que je vais faire avec mon père. Je me suis retrouvé en rade d'eau, j'ai su rallonger une journée pour ne pas être en galère, je récupérais bien d'une journée à l'autre, je me suis farci le vent et le sable, mais j'ai été plus vite que prévu, je me sens prêt pour ce qui est le coeur de mon voyage!

Ces 10 jours jusqu'à San Pedro de Atacama au Chili, je ne sais pas si on va y arriver donc je préfèrerais parler humblement de "tentative". Au pire, en cas d'avanie matérielle ou humaine on pourra toujours essayer de se faire dépanner par les nombreux 4X4 touristiques. Un 4X4 nous dépose (pour 7 euros...) de la nourriture aux deux hôtels qui jalonnent le désert, car je ne peux pas tout porter.    Au programme: les "200 km essentiels", aller sur l'île Incahuasi au milieu du salar d'Uyuni pour y camper, puis retourner plein Sud vers San Juan. C'est plat mais venteux, et apparemment rouler sur le Salar est facile. De là, les "300 km problématiques", le long de nombreuses lagunes qui jalonnent le désert, avec remontée jusque 5000 mètres d'altitude, dans le vent, le froid, et surtout avec de nombreux poussages de vélo pour cause de piste sableuse/cailouteuse impraticable. Puis la descente sur San Pedro, 50 km goudronnés. Bon, peu de cyclistes passent pas là, mais certains l'ont fait donc c'est faisable. Comme espoir: qu'on supporte le froid nocturne, que j'aie bien calculé les réserves d'eau et de nourriture (vive les pâtes à la soupe!), que mes porte bagages ne casse pas sous le poids de toute l'eau et de toute la nourriture, et que le vent d'Ouest soit plus Nord-Ouest que Sud-Ouest...

 

Bon du coup, prochain message dans 10 ou 15 jours, donc à bientôt. Et sans doute pas de photos car la connexion internet Uyuniesque a le débit du Minitel.


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les mines de Potosi

 25-09-2008 -  Bolivie

Les mines de Potosi sont un topos touristique qui me faisaient craindre le syndrome troupeau entrevu sur la "route de la mort" à La Paz. En fait, si j'ai effectivement apercu un troupeau en partance pour les mines, j'ai eu plus de chances. Le hasard a voulu que je franchisse la porte d'une bonne agence: on était seulement deux, Denis le Québéquois et moi, avec un guide extrêmement sympathique et qui a une vision de la sécurité suffisamment aléatoire pour rendre la visite passionnante.

Les premiers mineurs que l'on rencontre sont les forts en jambe, ceux qui poussent à longueur de journée les charriots bourrés de minerais (argent, cuivre, et...? ouille j'ai déjà oublié) depuis le coeur de la bête (le CERRO RICO) jusqu'à la sortie. 1,5 tonnes de minerais à pousser, quand même. Ensuite, c'est un véritable dédale de couloirs, déchelles et de cordes pour monter et descendre d'une gallerie à l'autre. Dans chaque secteur, une équipe de 5 à 10 personnes. En général ils sont entre potes, l'ambiance est dure mais sympa. Dans le fond du trou, il y a celui qui manipule la perforeuse, le fort en souffle, le taf le plus dur et le mieux payé: quand il commence à forer, dans un trou de 15 mètres de profondeur, il se met peu à peu à disparaître dans un nuage de poussière, sans bouteilles d'oxygene, quelque chose qui relève de la pure folie. Plus jamais je ne me plaindrai de la poussière soulevée par les camions. Ensuite, il met le minerais au fur è mesure dans un sac pendant que les autres s'activent à remonter  comme on remonterait l'eau d'un puits, mais en plus lourd: ce sont les forts en bras. Ensuite il y a celui qui s'occupe du tas accumuler avec sa brouette d'où il rejoindra le charriot des forts en jambe. Parfois, le type qui est en bas n'en peut plus et il remonte se foutre la tronche dans un robinet à oxygène pour récupérer. Je vous disais que l'ambiance est bonne: la coca mâchée en bossant, mais pendant la pause, ce n'est pas notre  pause café à nous, c'est la pause alcool à 96 degrés (alcool de sucre de canne). Ca réchauffe l'ambiance, je pense qu'on devrait adapter cette forme de management professionnel en France, notamment dans les bureaux de douane (bon c'est vrai paraît que ca se faisait y'a quelques années... les bonnes traditions se perdent) J'ai goûté et je dois dire, c'est aussi costaud que mauvais. C'est aussi la pause cigarettes de coca, le truc qui doit vous retourner le cerveau. D'ailleurs je vais essayer ce soir, j'espère que la hiérarchie douanière me le pardonnera mais il est certaines expériences de voyage qu'il faut absolument faire. Donc, après deux bonnes rasades d'alcool et une bonne cigarette, l'esprit plus léger, c'est reparti, il faut s'agripper à la corde pour redescendre dans le trou. Mais que fait l'inspection du travail? 50 morts par an dans la mine de Potosi, apparemment. Des chutes fréquentes et quelques éboulements. Une fois qu'on vous a dit ca, c'est reparti: 60 mètres de montée sur échelles branlantes en bois accrochées en haut par deux clous. Parfois il manque un clou, ce qui explique l'instabilité de l'échelle. Certains barreaux sont cassés, parfois il faut finir en se tirant avec une corde. Niveau assurance, de quoi faire rager un guide de montagne. Mais notre guide n'en a cure, il veut aller voir ses potes, tout là-haut. Car en passant on les réapprovisionne en boissons et en drogue, pardon, en coca. Mon collègue québécois souffre un peu, pas tout jeune il faut dire, on lui donne un coup de main pour se hisser jusqu'à la terre ferme, mais heureusement pas trop volumineux, sinon y'a des endroits où il ne pourrait pas passer. Et je me réjouis qu'on ne soit que deux, à plus il me paraît inconcevable de pouvoir passer par là.

Parfois les mineurs attaquent le minerai à la dynamite, on n'aura pas cette chance ce matin-là. Dernière visite au Tío, le diable, avant de sortir: on lui file du coca, on verse un peu d'alcool à ses pieds et on lui allume une cigarette, de même qu'à son pote, le diable colonial, à ses pieds, celui qui était là au temps des Espagnols et dont on a retrouvé la tête. L'invention de ce diable est une astuce des Espagnols. Au début de l'exploitation de la mine, ils pouvaient surveiller les indigènes depuis l'extérieur puisque les mines étaient plus profondes. Ensuite, les galleries se sont enfoncées et les Espagnols, pas fous n'avaient aucune envie de s'y aventurer. Mais comment surveiller les travailleurs? Ils ont donc créé la figure du Diable, en disant aux mineurs: bossez sans relâche, le diable vous surveille, il va vous punir si vous feignassez. Puis petit à petit les mineurs se sont identifiés au diable, figure ambivalente qui fournit les richesses d'une main et qui sévit de l'autre.

Oualou, c'était bien mieux que ce que je m'imaginais. Et les mineurs n'avaient pas l'air d'être plus embêtés que ça par notre présence, surtout contents de voir notre guide qui a l'air d'être leur pote leur filer de la coca.

L'après-midi, visite de la maison de la monnaie, importance historique liée à tout l'argent extrait de Potosi,  avec une guide qui correspond bien plus aux critères locaux du guide: agissant comme un robot, et pressée d'en finir.

 

A partir de demain, je m'embarque pour 1500 km de pistes. Et surtout dans 3 jours j'arrive à Uyuni, d'où mon padre me rejoint pour qu'on traverse ensemble le Lipez par la route des lagunes: le désert, le vent, le froid, l'altitude, la grande aventure... pressé d'y être et espérant que le matos tienne le coup...


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La Paz - Potosi

 24-09-2008 -  Bolivie

550 km, 4 jours de bici

Et une fois deplus il faut commencer par remonter à El Alto, je commence à connaitre cette 4 voies, accompagnè de nombreux joggers. La honte, il vont aussi vite que moi. Du coup, je passe ma dernière demi-herue avec Jonas. Avec un nom comme ca en Bolivie, ca cache quelque relation religieuse forte. Eh oui, il est témoin de Jéhova. Sympa quand même, et bavard pour un jogger. Il m'apprend que s'il y a autant de joggers, c'est parce que bientôt aura lieu le semi-marathon de La Paz. Avec l'altitude, un beau challenge. Il se désole que je n'aille pas à Sorata et Tiwanacu, berceau de la culture Aymara au nord du lac Titicaca. Normal, Jonas est Aymara, à ne pas confondre avec les Quechuas. Les Quechuas sont bien plus nombreux, on en trouve de l'Equateur au Sud de la Bolivie ( et meme à Décath ah ah), alors que les Aymaras sont juste au bord du lac Titicaca. Bon, au faciès, la différence est peu évidente. Il veut absolument que je lui dise ce que je pense de la situation Bolivienne (genre de sujet que je préfère éviter) avant d'embrayer direct sur la Russie, ce beau pays. Le rapport logique, c'est sans doute qu'en Russie, au moins, l'ordre règne.

Parenthèse: que ce soit au Pérou ou en Bolivie, les gens semblent toujours fascinés par un pays autre que le leur, et bien sur autre que les Etats-Unis. Au Pérou, beaucoup de personne revaient d'aller en Chine, sans doute l'effet JO, et aussi le fait que la Chine est ce pays non-occidental, comme le Pérou, qui fait la nique aux occidentaux. Au Pérou, les stars à la TV le soir, c'était Jackie Chan et Bruce Lee. Ca plus les phrases du genre "attention le Pérou/la Bolivie sont des pays dangereux, les Péruviens sont des voleurs" etc..., on sent comme un rejet des habitants envers leur propre pays.

Après toutes ces considérations, on se quitte, lui est bien essoufflé. Tu parles, footing en montée à 4000 mètres d'altitude, sans s'arrêter de parler, au milieu des pots d'échappement qui agonisent dans la pente, voilà un bon entraînement pour atteindre ses seuils respiratoires. Une clope en rentrant et il aura fait le tour de la question.

Après El Alto je rejoins l'Altiplano, de grandes lignes droites au milieu de rien, le paysage devient vraiment ésotérique le long du lac Pôopo. Je me fixe comme objectif les prochaines îles rocheuses au loin, ces montagnettes qui émergent au'dessus de la ligne d'horizon. Les colonnes de poussière qui s'élèvent sous l'effet du soleil viennent apporter un peu d'animation.Et soudain, le spectacle horrible. Je comprends mieux le défilé d'ambulances à la sortie d'El Alto. A droite, un bus ratatiné au bord de la route. De l'autre côté, deux bus décapités face à face, il n'y a plus de volant, plus rien, juste un grand vide qui donne sur les sièges passagers. Des dèpanneurs en train de dépanner la route, des voyageurs au bord de la route. Curieusement, la veille, je venais de lire un article sur cette route très fréquentée,  le gouvernement vient d'annoncer qu'ils vont en faire une 4 voies en raison des nombreux accidents de bus, toujours les mêmes: dépassement entre bus facon sud-américaine, c'est à dire de préférence dans les hauts de côte et dans les virages sans visibilité sinon c'est pas du sport, en comptant sur la Buena Suerte, et collision frontale. Là c'est ce qui s'est passé. Bilan: 15 morts (http://www.emol.com/noticias/internacional/detalle/detallenoticias.asp?idnoticia=322822)   Mon petit Papa va prendre cette route dans une semaine en bus, alors j'espère que tout se passera bien.

Le long de la route, je vois au loin le Sajama tout seul isolé, il est à 3 ou 400 km de là, sur la frontière Chilienne, l'altiplano semble bien petit tout à coup.

Le soir, encore un Alojamiento bien baroque: pas de douche, certes, pas d'eau, dommage, pas de toilettes, tiens donc. Il faut donc aller aux toilettes dites publiques, en fait privées puisque c'est quelqu'un qui en est propriétaire, qui fait payer, et qui les ferme le soir venu. Pour la nuit, il faut donc réveiller le logeur, qui a fermé la porte, puis aller pisser dans la rue malgré les panneaux annoncant une forte amende de 3 euros si on fait ca. Je ne sais pas comment les habitants s'en accomodent, mais c'est le genre de situation qui m'inspire des pensées assez désagréables sur le mode de fonctionnement bolivien et péruvien. Voilà des révolutionnaires, qui veulent tout nationaliser en s'imaginant qu'ainsi ils pourront vivre comme des koweitiens, mais leurs pensées communistes ne vont pas jusqu'à essayer dans leur propre village d'avoir de véritables toilettes publiques aux frais de la collectivité et ouvertes la nuit (ca couterait pas plus cher que de payer personnellement à chaque fois pour aller aux toilettes), ce qui éviterait de vivre dans des rues qui puent l'excrément. Il y a là une facon de s'accomoder du pire qui m'echappe dans leur facon d'être.

Quelques villages ont des Aguas Calientes, sources d'eau chaude, alors comme tout le monde, je profite des piscines bien chaudes pour me laver (entrée 2 bols, sachant que 10 bols font un euro). 

A deux reprises, je vois un chien bouffer son pote écrasé sur la route. Je ne pensais pas qu'un chien pouvait être canibale, ils ont décidément tous les défauts!

Puis après 350 km, je quitte l'altiplano et la piste qui mène à Uyuni, pour prendre la route de Potosi qui se perd dans les montagnes. Ici on ne connaît pas le principe Péruvien: pas plus de 5 % de pente sinon les camions n'y arriveront pas. Resultat, je ne vais pas bien vite, mais à la longue je vais plus vite que les camions chargés, qui montent à 10 à l'heure (un peu plus vite que moi) pour descendre... à 10 à l'heure dans une odeur de freins cramés. Décor de petits canyons rougeoyants, je me croirais revenu 3 ans en arrière dans les parcs nationaux de l'Utah. Dommage, les habitants ne sont pas à la hauteur: plusieurs fois quand je veux manger ou acheter des biscuits, ou demander un renseignement, la personne me tourne proprement le dos sans me répondre malgré mon insistance. Ca fait bizarre. Et puis cette rencontre avec ces types qui bossent sur la route, cagoulés comme des braqueurs pour se protéger du soleil. Ils m'alpaguent, je me dis, chic, on va m'offrir une bière. Que nenni. Sans dire bonjour, première question: "tu as un appareil photo?" (quand ca démarre comme ca...)   " non, ca coute trop cher pour moi, et j'aurais peur que des voleurs me le piquent.   -ta bicyclette elle coute combien?      -j'en sais rien c'est celle de mon père    -tu travailles dans ton pays? tu gagnes beaucoup d'argent?    -non je suis étudiant."   Puis pour s'eloigner du tour un peu vénal de la conversation: "vraiment jolie, la route de potosi, ca doit être sympa de vivre ici"   et réponse furieuse: non, ici c'est pas la route de Potosi, on est dans la province d'Oruro"  Je fais le lien avec les nombreuses pancartes affirmant la fierté d'etre d'Oruro et que nous on nous aura pas comme ca. Décidément entre les autonomismes indigènes et provinciaux, la Bolivie est un pays agréable à gouverner. Je prends congé assez vite de mes encagoulés, ce sera mon seul lien social pendant 3 jours.

Un matin, petite découverte gustative: des blancs en neige avec de la bière, Agréable, mais pourquoi le matin?

Le vent souffle l'après midi plein ouest à plus de 50 km/h travers dos. Ca me fait frémir car c'est ce vent qu'on aura travers-face dans le difficile Lipez. J'avais connaissance de ce vent d'Ouest, mais la connaissance par le concept, pour certaines choses ca ne vaut rien. Le vent en fait partie: pour que "50 km/h de vent à vélo" vous évoque quelque chose, il faut se le prendre dans la tronche. Et là on se dit "ah oui, ca va être dur".

Le dernier soir, je veux absolument camper dans ce décor, je mets une heure à trouver le bon spot, toujours des bergeries à Lama à chaque virage.. Incroyable, à 4250 mètres d'altitude, je suis en T-shirt pour regarder le soleil se coucher. Hyper-agráble, les moustiques qui vont avec le sont moins. La nuit, par contre, l'eau gèle dans la tente, et déplanter la tente le matin avec les doigts rendus insensibles par le froid est bien compliqué. Comme pour le vent, je me dis: la traversée du Lipez, où il devrait faire encore plus froid, ca va pas être facile.

Et, donc, Potosi, où comme tout le monde je vais aller dans les mines voir travailler les mineurs pour un salaire inférieur à celui de l'agence de voyage que je paie, le genre de tourisme que je veux faire avec parcimonie. Potosi, c'est cette cité minère d'où on a extrait une belle quantité d'argent depuis la conquête espagnole, et tout le monde en a vu des images sans trop le savoir avec ces reportages d'enfants boliviens qui ressortent asphyxiés de la mine.

 

 


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 La route de la mort

Le 19, je pars de bonne heure, direction Coroico, plein Est, vers l'Amazonie. Pour aller à Coroico, il faut passer un col, "la Cumbre", à 4 700 mètres d'altitude. Ensuite, la descente est vertigineuse, jusqu'à 1000 mètres d'altitude, dans les Yungas, cette région montagneuse dans laquelle l'Amazonie vient se heurter. Les Yungas, c'est aussi la région de la Coca (un village s'autoproclame même "capitale mondiale de la coca"). Au vu de la taille de la marche qui sépare les Yungas de l'altiplano, et de la qualité des différentes pistes qui permettent d'aller de l'une à l'autre, on comprend toutes les différences culturelles et les antagonismes politiques qui peuvent subsister au-delà des différences ethniques: cette marche, c'est vraiment une frontière. En bas: à mort Evo Morales. En haut: vive Evo Morales! vive la Révolution!

Pour cette descente, deux possibliltés: la nouvelle route, goudronnée. Ou alors, sur la moitié de cette descente, la "route de la mort", l'ancienne piste qui a fini par être remplacée il y a quelques années au vu des nombreux conducteurs et passagers qui finissaient dans le ravin.

Cette route est un grand classique du tourisme LaPazien, toutes les agences proposent ce trip à un prix quelque peu en dehors des réalités locales, 75 dollars. Pour ma part, j'ai bien plus envie d'y aller par mes propres moyens, d'abord parce que la montée à La Cumbre paraît bien jolie, ensuite parce que je ne me vois pas faire la piste en troupeau. Et j'ai bien raison.  Déjà, les agences jouent beaucoup sur le caractère "survivor" de l'"expédition", proposant un grand prospectus avec l'itinéraire, qui s'achève en bas par cette phrase: "you survived". Autant le dire tout de suite: toute cette kermesse sur les dangers de cette piste en vélo, c'est vraiment du folklore pour pomper le pognon des touristes. La piste est magnifique, elle s'enfonce dans une vallée de plus en plus verte, de plus en plus encaissée et de plus en plus remplie de bruits d'oiseaux exotiques de toutes sortes (il y a un oiseau que je n'ai paséussi à identifier qui avait une sorte de chant métallique, on aurait dit du Jean-Michel Jarre!). La piste au bord du ravin propose de beaux points de vue et permet de faire de belles photos. Mais pour ce qui est du frisson, passez votre chemin! En fait, la piste est plutôt bonne, bien meilleure que ce que j'ai vu jusque là. Pas trop de cailloux ni de poussière glissante, car les pluies stabilisent le revêtement de la piste. En fait, ca peut se descendre plus ou moins pleine balle avec quelques pauses pour admirer les cascades qui tombent sur la piste ou admirer le fond de la vallée. Personnellement je serais prêt à y aller avec un vélo de ville, avec petits et grands, y'a rien à craindre. Bon, peut-être que j'encorderais Sam, on sait jamais, vu qu'il est capable de se jeter involontairement la tête la première dans une crevasse d'un mètre de large! (désolé Sam c'était tentant). Donc, doublé dans la montée de La Cumbre par tous les minibus blindés de VTT suspension avant et suspension arrière et freins à disque et tout, je refais mon retard dans la descente, doublant de véritables troupeaux ne dépassant pas les 20 km/heures, car interdit de doubler le "guide" qui est devant. Ca doit être frustrant de tout faire sur les freins à la queue leu leu quand on se sent un peu à l'aise! Derrière, un autre guide pour fermer la marche. Devant, un minibus ouvre la voie, derrière un autre minibus ferme la voie. Tous les touristes ont un dossard de la meme couleur, sans doute histoire de pouvoir se repérer s ils se perdent, ou de mieux les visualiser s ils tombent. J imagine qu avant de partir, ils ont eu droit à un long débriefing sur le danger, la sécurité, tout ça. Bref, conditionnçe comme ça, le touriste en a forcément pour son argent. Il a payé cher pour sa sécurité, on l a ébloui avec plein de signaux de danger, il ressent forcément quelque chose comme un frisson. A la limite, après cette mise enn condition, on pourrait l-emmener sur une route forestière en foret d Ecouves, il ressentirait le meme petit plaisir d-angoisse et d'aventure.

 Par contre, la piste est vraiment pas large, à peine la largeur d-un camion. On a du mal à s-imaginer comment les camions et les bus pouvaient passer par là il y a quelques années, et le croisement entre deux camions relève de l-inconcevable. Surtout qu'avec les pluies, la piste s'est éboulée en de nombreux endroits, et parfois, là où il devrait y avoir un bout de piste, il y a un bout de vide. En tous cas, les nombreuses petites croix qui parsèment le parcours viennent opportunément rappeler qu'il vaut mieux éviter d'avoir bu avant de monter par là avec son camion chargé de bois.

Bref, je me régale en photos pendant la descente, par contre ce n'est pas le frisson attendu. En bas,je dois remonter à Coroico, but de ma journée  (pas les touristes bien sûr qui monteront dans le minibus), et une petite mignardise pour cycliste un peu fatigué m'attend, 7 km de pavés plantés comme des clous, dans le sens de la hauteur, pour 500 mètres de dénivelée. Paris Roubaix, mais dans l'Alpe d'Huez, quoi. Miams, autant dire que cette dernière heure m'achève, avec mon sac à dos pourri bourré à craquer qui me rentre dans le dos. Ca, plus le fait que je ne trouve pas Coroico aussi joli que je ne me l'imaginais (je m'imaginais me retrouver dans la jungle, et en fait je me retrouve sur une colline déforestée à coups de feux de brousse) et beaucoup trop envahi d'occidentaux à mon goût, je décide de rentrer à La PAz le soir même. Par contre, Coroico, c'est des visages plus typés indiens de la forêt, et une musique importée des Caraïbes, ca change des horribles ritournelles quechuanes!

A l'origine, j'envisageais pour le lendemain de tout remonter en vélo, 3700 mètres de dénivelée, ce qui aurait constitué une belle satisfaction personnelle car il n'est pas facile de trouver des montées aussi terribles (mais depuis  Lima on peut partir de 0 et monter à 4500 m. d'altitude en 100 km), mais je ne me sentais plus de le faire avec ce sac. Donc retour en bus pour 3 euros jusqu'aux abords de La Paz, puis La Paz by night by bike, toujours sympa, et dodo.

Montée à Chacaltaya, 5250 mètres d'altitude

Un défi devant en remplacer un autre, à défaut de faire le plus gros col de ma vie, je vais faire le plus haut! Au-dessus de La Paz, il y a une station de ski, "la plus haute du monde". Début des pistes: 5250 mètres d'altitude. Haut des pistes: 5350 mètres... En fait, il s'agit d'un simple tire-fesses, sur une piste qui se descend en une minute montre en mains. De toutes facons, avec le réchauffement climatique, il n'y a plus assez de neige depuis quelques années. Le premier défi consiste à trouver la piste qui me mènera là haut, car il n'y a rien d'indiqué. Une fois sur les bons rails, c'est parti! 31 km de montée, 1650 mètres de dénivelee. Après El Alto, piste bien caillouteuse au départ, elle se termine dans la moraine (là où il y avait un glacier avant, et où le glacier, en se retirant, a laissé un immense pierrier). Niveau piste difficile à monter et à descendre, c'est autre chose que la "route de la mort", sans vouloir faire mon snob! Pas de quoi se tuer dans un ravin, mais y'a moyen de tomber. Là, j'aimerais bien avoir un bon vtt. A 5000 mètres d'altitude, sur une pente à 10%, roulant à  km-h, bien essoufflé, je pense aux deux cyclos de "si on jouait", qui sont montés là-haut avec les sacoches il y a un an. Chapeau les gars. De toutes façons, vu tout ce qu'ils ont fait en vélo en Amérique du Sud, quelque chose comme le voyage idéal pour moi (mais en un an et demie), je savais qu'ils avaient la forme!

D'en haut, on domine tout l'altiplano jusqu'au lac Titicaca, on surplombe La Paz, et on voit tous les sommets de la Cordlliera Real. Le type du Club Andin Bolivien est étonné et ravi de mon arrivée, il m'accueille chaleureusement et crie qu'on me prépare un café et vite (par contre il ne me fera pas dont du droit d'accès, 15 bols, on peut pas tout avoir). Il m'accueille, je dirais presque avec honneur, il apprécie la perf, et il faut que je laisse un mot dans son livre d'or, mais avec la piste j'ai les avants-bras tellement défoncés que j'ecris comme un élève de CE1. Ensuite il reste  mètres de dénivelée à faire à pied surt la crète pour arriver au sommet. Décidément c'est plus facile que de pédaler à cette altitude...

 

Allez, demain je reprends la route pour de bon. Dommage. La Paz est le genre de ville où on aimerait rester deux mois tant il y a de choses à faire! Je reviendrai!

 



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Huayna Potosi

 17-09-2008 -  Bolivie

Ces deux derniers jours, je suis donc parti me faire un petit 6 000, le Huayna Potosi. Nous sommes un groupe de 6, tous partis sur longue durée. Un Néo-zélandais, un Espagnol (pardon, un Catalan!) venu bosser à Sucre, capitale officielle du pays, un Anglais, et deux beaufs allemands dont le meilleur souvenir jusque là semble consister à être allés dans un salon de massages à Cuzco. Tous ont autour de 25 ans, et à part l'Espagnol, aucun n'a jamais fait de rando de sa vie. Heureusement pour eux, le Huayna Potosi est facile. La navette nous dépose avec nos guides à 4800 mètres d'altitude, et on monte au refuge à 5400 mètres d'altitude dans l'après-midi. Aucun ne sait marcher en altitude à part l'Espagnol : ils vont pleine balle pour s'arrêter toutes les minutes essouflés. Tous se gavent les joues de coca pour supporter l'altitude alors j'essaie aussi : en plus du goût, qui est particulièrement amer, je trouve ca assez désagréable car ca vous anesthésie complètement la langue et la gorge. On m'explique que c'est bien car on ne sent ni la soif ni la faim, je ne vois pas bien l'intérêtquand on a les sacs chargés de bouffe. Donc je recrache et je compte plus sur mes propres forces que sur le doping pour arriver en haut. J'ai bien vite choisi mon équipier: ce sera l'Espagnol, qui va moins vite mais ne s'arrête pas.

Après être restés quelques heures allongés sans dormir, à 1h du matin on se lève. Ca me semble bien tôt et j'ai peur de recommencer l'expérience du Chimborazo qui consiste à arriver de nuit au sommet, heureusement on mettra 4 heures à gravir les 650 mètres de dénivelée, une non-performance salutaire pour jouir du paysage. Dehors, il fait froid mais sans plus, entre -7 et -10, et pas un pet de vent: je n'aurai même pas besoin de mettre mon manteau pendant l'ascension, des conditions idéales! Heureusement car à cette vitesse, pas réchauffé par l'effort, si on avait eu les conditions que j'ai eues au Chimborazo je me serais retrouvé congelé sur place. Au Chimborazo on allait moitié plus vite. Les Allemands se retrouvent vite distancés et ils nous hurlent bientôt quelque chose depuis 100 mètres plus bas: ces idiots n'ont pas pris d'eau! Je consulte Javi l'Espagnol: on a 2 litres d'eau chacun, c'est trop, alors je leur laisse ma bouteille dans la neige pour qu'ils la prennent en passant. N'empêche, les Allemands n'iront pas beaucoup plus loin et feront demi-tour, et ne diront pas merci pour l'eau quand on les retrouvera en bas, le genre de détail qui irrite quand des types vous tapent sur le système!

Je marche sans forcer, pas essoufflé, pendant que les autres toussent: oufff, ce que c'est agréable de se sentir aussi bien acclimaté et de pouvoir aller aussi haut sans soucis! En marchant je ne fais que penser à l'Aconcagua, mon toit du monde à moi vu que je ne ferai jamais de sommets Himalayens. Pour monter un 8000, il faut débourser une dizaine de milliers de dollars, et si un jour j'ai cette somme entre les pattes, ce sera pour repartir loin en vélo, pas pour payer un permis d'ascension! En plus, monter un 8000 implique toute une kermesse expéditionnaire, on part à 30 avec le triple de porteurs qui ont un sac 10 fois plus gros que le votre, c'est le petit côté colonial de l'espédition, puis ensuite c'est la technique du siège: comme il ne fait jamais beau, il faut attendre au camp de base qui ressemble à un dépotoir la bonne fenêtre météo pour grimper, et en attendant tous les occidentaux jouent à la belote dans une grande tente-mess 4 étoiles bien chauffée. Pour moi la montagne, c'est moi, mes potes et ma tente, et dans ces conditions l'Aconcagua est le plus haut sommet que l'on puisse imagner, à part peut-être quelque 7 000 perdu au fond de l'Asie centrale, là oú on ne connaît même pas le nom des pays. Ah, Aconcagua, pourquoi n'es-tu pas en Bolivie? Avec ces quelques semaines passées à 4000, je dois avoir le même taux d'hématocrites qu'Armstrong en Juillet prochain, et je pourrais monter bien plus haut. L'Aconcagua, lui, est en Argentine, et je vais y arriver après 12 jours de vélo à basse altitude, ce qui rend l'ascenson aléatoire. Le Huayna Potosi est vraiment agréable à monter, joli et tout, et en même temps je me sens frustré car conditionné pour repousser mes limites (eh oui le culte de la performance, qu'y faire?) ou en tous cas m'en approcher, et là ce n'est pas le cas, j'ai le sentiment de gâcher un potentiel qui va s'envoler lorsque je vais me retrouver à moins de 1000 mètres d'altitude en Argentine, un conditionnement à l'altitude que je naurai sans doute plus jamais dans ma vie. Bon, en tous cas c'est vraiment plaisir de se retrouver au sommet à admirer le lever de soleil pendant  une demi-heure sans avoir froid, avec une mer de nuage qui recouvre l'altiplano. Cela compense tout ce qui m'a manqué au Chimborazo!

Quant à l'Anglais et au Néo Zélandais, ils arrivent au sommet peu après nous, je n'aurais pas parié un centime bolivien (ca fait pas beaucoup) sur eux avec leur technique de sprints-pauses, le genre de truc qui vous fait péter le coeur en altitude!

De retour à La Paz, on se donne rendez-vous dans un bar pour fêter ca, mais évidemment, entre l'après midi et le soir, j'oublie le nom du bar: je ne reverrai plus mes compagnons d'infortune. Je remplace donc ce programme par un autre: j'avais croisé Simon,un motard australien sympa le long du Titicaca et on s'était donnés rendez-vous à La Paz pour une bonne bière. En allant à son hôtel je crois 2 francais que j'avais rencontré en marchant vers le Choquiquerao, on s'échange quelques tuyaux, puis je croise Simon par hasard dans la rue: le monde est p'tit, depuis le temps qu'on vous le dit! Si je parle de ce type, c'est qu'il est absolument hors-normes. En dehors du fait qu'il est doté d'un charisme assez fascinant, il a une trajectoire des plus intéressantes. Après avoir atteint un bon niveau en Enduro, il est parti avec sa KTM autour du monde il y a 5 ans. Autant dire qu'il a parcouru à peu près tous les pays du monde dans tous les sens, et contrairement aux motards qui voyagent tout confort, donc sans histoires, il a un peu la mentalité du cycliste qui cherche absolument les complications pour avoir des choses à raconter sur ses passages en Syrie ou en Mongolie. Pour lui, les routes sont juste là quand il n'y a plus de sentier à mouton à emprunter en KTM. Sa dernière belle aventure, c'état il y a 15 jours, quand il a décidé de passer du Brésil au Pérou par la forêt vierge, là oú il n'y a pas de routes mais justes quelques pistes qui n'existent pas sur les cartes mais juste dans les plans des traficants de drogue. Evidemment il est tombé malade, puis s'est fait confisquer sa moto par une tribu indienne qui a exigé 1000 dollars de droit de passage, ce qui lui a valu plusieurs jours de négociations avant de pouvoir passer. Bon, au final après 15 jours passés au milieu de nulle part il a réussi à rallier Pucallpa avec la fierté d'être le premier motard à passer là. Son prochain projet, c'est de faire la même chose entre la Colombie et le Panama (aucune liaison routière entre les deux pays). On part en quête d'un bon concert de rock, mais en chemin la fatigue me rattrape: eh oui ca fait pas mal de temps que je n'ai pas dormi. Je pars me coucher en toute urgence, et mes plans du lendemain (aller faire la "route de la mort" en vélo") seront reportés, car tellement crevé que je n'arriverai pas à me lever le lendemain matin suffisamment tôt pour espérer rejoindre Coroico dans la journée... A la palce, journée repos.


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La Paz

 15-09-2008 -  Bolivie

Faux'plat montant jusqu'à El Alto, puis une grande descente sur une sorte d'autoroute jusque dans le fond de l'entonnoir où se trouve La Paz. La route dessine un bel arc de cercle, ce qui permet d¡avoir de beaux points de vue sur La Paz et surla montagne qui la domine, l'Illimani, 6 400 mètres d'altitude. La Paz, ville vraiment agréable et pleine de vie dans ses petites ruelles tout en pente. La rue oñu se trouve mon hôtel est bloquée par une manif pro-Morales, ca donne le ton de ce qui m'attend pour la traversée de la Bolivie avec les problèmes politiques du moment!

Au jeu des comparaisons avec le Pérou, la Bolivie me paraît pour l'instant beaucoup plus agrèable, Peut-Etre cela doit'il beaucoup au caractère touristique de la région que je viens de traverser. Toujours est'il qu'ici, les maisons (et donc les hôtels) ont de belles et grandes fenÊtres, les restos vous servent un couteau avec la viande, ce qui est plus pratique aue de manger avec ses doigts sales qu'on n'a pas pu laver faute d'eau courante, les salles de bains sont propres et parfumées, même dans mon hôtel hyper'bon marché, les restaus et hotels sont décorés, on trouve du bon chocolat, du bon cafés, et même des croissants (bons en plus), et on croise même des femmes de ménage, métier qui ne semble pas exister au Pérou. Petit détail touchant, ma logeuse d'hier soir, dans ce petit resto au milieu de nulle part, avait pris soin de parfumer ma chambre avant de m'y faire rentrer. Bref, tout un art de vivre que le Pérou ne semble pas avoir acquis, indépendamment du fait que la Bolivie n'est pas plus riche que le Pérou.

 

Demain je pars faire le Huayna Potosi, un 6 000 que beaucoup de touristes montagnards viennent faire. J'aurais aimé faire l'Illimani, montagne vraiment superbe, mais il faut le temps de trouver un groupe qui y va, et l'ascension dure 4 jours. Je n'ai pas le temps, je me rabats donc sur le classique Huayna Potosi...


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Le lac Titicaca m'avait un peu déçu côté péruvien, mais le passage en Bolivie annonce un changement complet de la physionomie du lac. En effet, le lac est presque coupé en deux par une péninsule montagneuse, et l'espace de quelques instants on se croirait sur une île en pleine méditerranée. 200 à 400 mètres au dessus du lac, pendant une dizaine de km, j'ai le lac juste à gauche, mais  aussi juste à droite, avec de petites îles disséminées au large et au fond, tous les sommets mythique à plus de 6 000 mètres de la cordillière real. Un vrai plaisir de faire du vélo dans ces conditions! Ensuite on traverse le km de lac à bord de petites embarcations en bois. De ce côté, énormément de touristes boliviens: on est dimanche et La Paz n'est pas loin.

Pas envie de m'arrêter de bonne heure alors je continue. Problème, passé le lac Titicaca, il n'y a plus d'hôtels, et on est dans une plaine assez peuplée, je ne me vois pas camper ici. J'arrive dans un bled où on me dit qu'il y a un hôtel, mais en fait non, mais en fait oui, mais en fait non. J'ai du mal à me faire comprendre, beaucoup de gens semblent ont du mal à concentrer leur regard vers leur interlocuteur. On me propose de loger dans la salle des fêtes, il paraît que ça se fait: pas de bol, en fait j'arrive à l'épicentre du syndrome qui semble toucher la plupart des villageois: plus je m'approche de la salle des fêtes, plus les gens marchent en se soutenant épaule contre épaule et en zig zag. On y fête un mariage. En fait, il n'y a plus de mariés, mais par contre beaucoup d'alcool. Encore une impressionnante concentration d'alcool en peu de gens, c'est bien simple, il n'y a pas une seule personne parlant normalement. On me propose une bière et on m'explique que ca va être compliqué de dormir là. Quelqu'un part en titubant voir si y'a pas une place quelque part pour moi, mais il ne revient pas: il a dû croiser une bouteille de bière sur sa route. Du coup on me dit d'aller voir à l'église, le père Alfonso accueille les voyageurs. Pas de bol, il est en voyage et sa femme de ménage n'ose pas prendre la responsabilité de me laisser dormir là. Par contre il y a l'école tenue par les trois soeurs... Mais là-bas personne pour répondre à mes coups de sonnette. Il fait bientôt nuit et je repars donc sur la route de La Paz, en demandant à toute personne que je croise s'il y a un hôtel je finis par trouver un restaurant qui accepte de me loger. Un quatre étoiles comparé à la pissotière de la nuit précédente... 


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