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Prénom florent
Age 27
But du voyage Tourisme
Date de départ 19/07/2008
Nom peccatte
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Durée du séjour 7 mois
Nationalité France
Description
les andes à vélo
Note: 4,6/5 - 82 vote(s).


Cuenca-Loja

 01-08-2008 -  Equateur

Bon, alors là la route devient vraiment difficile... A chaque fois on redescend jusqu'au fond de la vallée, genre 30 km de descente, c'est bien agréable mais on se demande: "où est la mer?" Et malheureusement en face, ce n'est pas la mer, mais l'équivalent du Mont Ventoux, sauf que ce qu'il vous a fallu vingt minutes à descendre, il faut 3 heures pour le remonter... Le 1er soir je me trouve un bivouac splendide ,tout en haut, sur une terre rouge, pour la première fois il fait beau et je peux voir le soleil se coucher d'une facon convenable. (115 km)

Le second jour, je m'arrête en début d'après-midi à Loja (95 km) histoire de récupérer. De toutes facons je ne pourrai passer la frontière que lundi car je crois qu'elle est fermée le dimanche.

 

Sinon, j'ai pu rencontrer d'autres voyageurs depuis mon départ, ca fait plaisir de ne pas être tout seul! Un couple d'instits francais qui ont pris 6 mois de congés sans solde (tiens tiens), ils font Quito-Ushuaïa (mais en bus), peut-être que je les recroiserai?  Une jeune hollandaise qui fait du journalisme et qui essaie de faire le plein de reportages pour les vendre à des journeaux hollandais à son retour: démarche intérressante car ca l'oblige à vraiment rentrer en contact avec le local, en plus ca lui fait un bon prétexte pour ca, même si après elle n'arrive pas à vendre ses articles. Un couple d'Australiens partis depuis 6 mois d'Ushuaïa. Et puis Ryan l'Américain, genre je vais en haut du Chimborazo sur les mains alors que j'ai jamais fait de montagne, ca fait un an et demie qu'il est parti around the world et il a bien bourlingué, par contre il doit avoir de bons moyens financiers car il n'a pas l'aire de se priver. Et puis hier, j'ai vu coup sur coup mes premiers cyclistes: un couple d'Ecossais partis d'Ushuaïa qui compent s'arrêter en Colombie (seuls les Francais ont peur de la Colombie), et Domimique, un Francais parti depuis 3 ans (Afrique-Asie-Ausralie), qui rentre bientôt car il n'a plus de sous, il compte bosser 6 mois et repartir. Alors lui, c'est le vrai, les traits bien creusés, le matériel bien fatigué, jamais d'Hôtel, quasiment pas besoin de manger me dit-il, et apparemment il ne concoit plus la vie autrement que ca... Fascinant comme trajectoire mais je ne me vois faire comme lui. Je veux rentrer mener une vie normale!


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Riobamba-Cuenca

 30-07-2008 -  Equateur

Maintenant c'est parti, je fonce! Enfin... à 15 km heures de moyenne au vu des difficultés du parcours. Le 29 juillet, je pédale toute la journée et je m'arrête le soir apr`s 140 km dans une maison abandonnée surplombant une vallée de 1000 mètres de profondeur. En gros, il y a des vallées très profondes et très encaissées, qui s'applanissent avec l'altitude, donc plus on monte et plus c'est habité et cultivé. La route serpente autour de ces grosses vallées, ce qui fait que parfois pour rejoindre la route qui est là, sous mes yeux à 3 km à vol d'oiseau, je dois faire 20 km à flan de montagne pour contourner le gouffre qui est entre les deux!

Le 30 juillet même topo, 140 km jusqu'à Cuenca. En fait je voulais m'arrêter avant, mais impossible car la plaine qui permet d'arriver sur Cuenca et totalement urbanisée. Je n'ai trouvé ni hôtel ni bon plan de bivouac et la nuit arrive bientôt, alors je squatte un espèce de terrain vague entre 2 propriétés griagées. On ne me voit pas mais je ne veux pas jouer à cache-cache alors je me dis qu'il serait plus intelligent de me manifester auprès des voisins histoire de ne pas leur faire peur... Tu parles! D'apres ce que je comprends du proprio à travers la grille, pendant que son chien aboie comme un sourd en se jetant bêtement contre la grille, c'est qu'il faut que je dégage, pas moyen de parlementer. Je remets donc mes affaires sur mon vélo, et le temps de ca, l'autochtone est parti chercher son fusil et vient jusqu'à moi pour me dire que je dois dégager, des fois que j'aurais pas compris... Et c'est vrai qu'il faut au moins un fusil pour faire fuire un cyclotouriste... Ben voilà parmi les expériences nouvelles, première fois qu'on pointe un fusil sur moi. Du coup je dois repartir à la tombée de la nuit sur une 2X3 voies et j'arrive à me trouver un petit hôtel à Cuenca en pleine nuit. (faut dire qu'il fait nuit à 18h30)

Sinon ce jour-là, j'ai fait un détour par les ruines d'Ingapirca, les seules ruines incas d'Equateur. Bon, c'est pas le Macchu Picchu non-plus.. En fait, d'un point de vue strictement matériel, c'est un peu ésotérique, mais la visite vaut surtout pour les explications du guide. Car c'est un site où 2 civilisations se sont succédées et ont cohabité, les Canaris et les Incas, et c'est intéressant de constater les différences de construction entre les 2, le type de pierre, etc... En gros, les Canaris n'avaient aucune chance de gagner: Entre les deux, c'est un peu la même différence que qaund on progresse d'une civilisation à Age of Empire.

Sinon j'ai essayé de réparer le pédalier de vélo d'un gamin sur le bord de la route mais j'ai pas réussi: Ce qui me fait méditer sur le fait qu'il ne faudrait pas que ca m'arrive car sinon je me retrouverai comme lui à pousser mon vélo en attendant la descente!


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chimborazo

 28-07-2008 -  Equateur

C'est fait! J'ai grimpé le Chimborazo! Le Chimborazo (6300 m.) est surnommé "el celoso" (le jaloux) pour une sombre histoire mythologique où il a des démêlés avec d'autres volcans, mais moi je préfèrerais le surnommer "el discreto". Après être passé au pied du volcan à vélo sans le voir à cause des nuages, je l'ai escaladé sans le voir... la veille depuis le refuge, on ne voyait que des nuages, ensuite on l'a escaladé de nuit et redescendus de nuit, on n'a rien vu. J'étais avec un couple d'Australiens et un Américain, qui n'avaient jamais fait de glacier de leur vie. Eux, plus moi qui n'étais pas acclimaté à cette altitude, on faisait une fine équipe...Départ du refuge (5000m) à 23 heures après une sieste, pour arriver au petit matin, dès le départ j'ai senti que j'allais en baver car dès que je bougeais un doigt j'avais le coeur qui s'emballait. Alors j'ai tout fait avec le mal des montagnes, mais j'ai miraculeusement tenu, de même que Ryan l'Américain (les Australiens ont fait demi-tour). On est arrivés en haut à 5 heures du matin, bien avant le lever du jour, et on est restés en haut à peu près 15 secondes, sans prendre de photos. La faute au "viente blanco" qui nous recouvrait de givre, ca devait bien souffler à 60 et on crevait de froid. Moralité, on n'a rien vu, on n'a pas profité d'ètre en haut et j'ai eu mal à la tronche: à quoi bon? C'est vrai que je me pose la question. Je suis super-content d'avoir fait mon premier 6 000 avec cette ambiance haute-haute montagne, d'avoir bien tenu, mais je crois pas que je me referai des challenges alpinisme en altitude sans acclimatation. C'est juste bon à vous dégoûter de la montagne. Comme dirait mon père, la prochaine fois je vais au bord de la mer! Bref je ne crois pas que j'irai faire l'Aconcagua.

 

Et un grand bravo aux guides, capables de faire l'aller retour sans manger et en buvant juste une gorgée!

Et demain il faut que je me remette au vélo pour rattraper tout ce retard!


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Riobamba

 25-07-2008 -  Equateur

95 km pour arriver à Riobamba, dont 65 de montée... Si je m'étais pas trompé de route, je me serais économisé 40 km... grrrrr!

 le tout sous la flotte, je suis passé entre de beaux volcans dont le Chimborazo (6300 m.) sans les apercevoir, c'est frustrant!

Repos forcé à Riobamba, car j'attends dimanche pour tenter la montée du Chimborazo avec un groupe, au vu de la météo c'est pas gagné... Après, je vais devoir mettre les bouchées doubles  sur mon vélo pour rattraper le retard!

Riobamba est la preñi`re ville que j'apprécie depuis le début de mon voyage. La modernité des jeunes et le caractère traditionnel des plus anciens semble cohabiter à merveille, les gens sont chaleureux...

Fin des photos, ca met trop de temps à télécharger!


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Baños

 24-07-2008 -  Equateur

Baños se trouve au pied d'un volcan, le Tungahuara, qui se trouve être en activité: dommage, j'aurai aimé l'escalader. Site plutôt touristique, je m'y arrete après seulement 20 km de vélo. L'intérêt principal, c'est que le volcan permet de se baigner dans des sources d'eau chaude (eau à 43 degrés, on n'y reste pas des heures...), juste sous une cascade, avec vue sur la ville. Au coucher de soleil, c'est un beau moment esthétique.

Sinon, Baños marque vraiment la fronti`re entre l'Oriente et le plateau, le changement de végétation se fait là, d'une facon assez brutale.

La nourriture:

Pour vous, j'ai testé le cochon d'Inde. Bilan: vous pouvez attendre avant d'égorger votre animal domestique. Ca a un goût dur à décripter mais c'est pas fameux. Pour le reste, j'évite la viande autant que possible surtout le cochon, au vu des carcasses de cochons étalées au bord de la route au soleil et dans la poussière dans l'attente d'etre consommées.

Par contre, on trouve partout en Equateur des jus de fruits frais absolument délicieux.


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l'Oriente (2)

 23-07-2008 -  Equateur

110 km, jusqu'à Rio Verde

Toujours le même paysage et les mêmes routes, sous la pluie... De Puyo, j'attaque la remontée sur le plateau équatorien. La route qui remonte sur Baños est superbe, avec des petites cascades qui tombent sur la route.

A Rio Verde, je visite un petit parc floral au bord d'une cascade, un truc vraiment superbe tenu par un Italien fascinant, Antonio. A l'intérieur du parc il expose les peintures d'une Allemande, et il voudrait transformer une des cabanes en salle de théâtre... Il est un peu fou je crois, mais passionnant à écouter!

Le soir, je vais à l'hôtel, surtout pour me restaurer car mon réchaud ne fonctionne pas (grrr) et ca fait 2 jours que je suis au régime pain-bananes.

 

 


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l'Oriente

 22-07-2008 -  Equateur

Du col à Puerto Napo, 155 km

55 km de pure descente pour commencer, je passe de 4 000 m bien froids à 500-1000 m d'altitude bien moites. Changement complet de décor. Toute la journée, pluie et routes pourries, journée pas facile, avec 2 bonnes montées de10 km. Le matos a tenu dans les descentes, c'est l'essentiel...  5

Bon, niveau végétation, c'est pas vraiment l'Amazonie, mais c'est extrêmement touffu, avec des oiseaux multicolores (pas réussi à en prendre en photo...), ambiance sympa et bien sauvage. 6 7 8

 L'Oriente a vraiment l'air d'être le parent pauvre de l'Equateur, les infrastructures sont réduites au minimum. Par exemple les routes: il peut y avoir un bout de 4 voies sur 2 km, et tout d'un coup au milieu de nulle part ca devient un vieux chemin impraticable pendant 10 bornes, c'est goudronné sans logique apparente.

 

Ma journée a ressemblé à une course cycliste, avec sprints intermédiaires, en l'occurence tous les 2 km à peu près. Car je suis au pays des chiens et ils sont teigneux. Sur cailloux avec un chien au bord des mollets, j'ai failli tomber plusieurs fois, mais j'ai affiné ma technique: s'arrêter, prendre une pierre dans sa main et la brandir, ils comprennent...  Par contre on ne peut pas leur reprocher d'etre racistes car ils réservent le même sort aux autochtones, mais eux ont l'avantage d'avoir une machette sur eux... faudrait que j'en trouve une... En attendant, Willy et Florian, méfiez-vous car à ce rythme je vais devenir un bon sprinter!

 

Le soir, bivouac improvisé dans une maison abandonnée, j'essaie de ne pas me faire voir de la route et j'angoisse un peu pendant la nuit, mais j'ai pas l'intention de passer toutes mes nuits à l' hôtel...


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le depart

 21-07-2008 -  Equateur

Mon impression sur Quito est assez négative: ville sale, moche, quelconque, et j'ai l'impression que le gosse de 14 ans responsable de l'hotel m'en veut personnellement. Bref, il faut quitter Quito, nom prédestiné, pour arreter de croire que je vais passer 6 mois de galere dans un monde hostile.

 Direction l'Oriente, la partie equatorienne de l'equateur: mais avant, il y a un petit col a passer... Sur la route tout le monde me klaxonne ou me salue, ouf ca va mieux, et le midi je m'arrête dans un boui-boui où le patron veut tout savoir sur mon voyage. Il faut que je sois pris en photo avec toute la famille, il va même aller chercher sa fille d'une sieste bien profonde pour la séance photo, il faut que je la prenne par la taille pour la photo, si ca continue ils vont m'obliger à la prendre en mariage...

 Je repars, vent de face, il se met à pleuvoir et ca grimpe bien plus que ce que je croyais 1. J'arrive peu avant la nuit au col, a plus de 4000 m. d'altitude, il doit faire 2 degres, je suis crevé et frigorifié et je me résous à planter la tente en vrac au bord d'un sentier. Là, de la brume, un type surgit de nulle part, je suis un peu inquiet. En fait il est aussi étonné que moi mais après 5 minutes il m'invite à prendre le bus pour aller chez lui (en Equateur les bus vont partout à n'importe quelle heure et s'arrêtent n'importe où, ce qui n'est pas sans poser des problèmes de circulation). Devant mon refus poli (je ne vais pas redescendre en bus ce que j'ai monté à 5 km heure pendant 6 heures!), il me trouve une autre solution: plus haut il y a la cabane d'un parc naturel dont il est garde, c'est son lieu de travail quotidien, il me laisse m'y installer pour la nuit et repart dans la brume après tous mes remerciements. 2 Ca y est j'ai retrouvé mon goût pour l'aventure! Prenez la route, foutez-vous dans le pétrin, il y aura (presque) toujours quelqu'un pour vous venir en aide. Les emmerdes font tomber les barrières sociales, et le vélo, vu de l'extérieur, c'est une emmerde. Viva adventura! au fait j'ai fait 60 km, ca parait pas beaucoup mais j'en ai bien bavé. 4

Je regarde le registre du garde, depuis début juillet 4 groupes de personnes sont entrées dans le parc, il doit s'amuser follement derriere sa barrière...

POLLUTION: Les équatoriens semblent prendre un plaisir fous à s'auto-empoisonner. Non-contents de jeter les ordures en pleine nature, ils le font de préférence au bord des rivières, car ca fait comme un trou au bord de la route. Ca fait peur sur la qualité de l'eau...

 


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